#POGD 49 Joyeux dimanche

Une poésie par semaine dans ta boite mail

Comme un lundi. L’expression favorise à la fois chez moi une mélancolie intense et une crise d’urticaire sévère. L’homme ou la femme sont-ils simple data donnés à un tableur Excel ? Case lundi, case mardi, case mercredi, etc.. jusqu’au week-end avec son petit fixe de Casa del papel.

Ce refrain-là est connu. Chanson éclatée au sol de la fatalité et du désengagement de la vie. C’est pourquoi, ici, je te propose (et tu disposes) un petit poème aussi joyeux que soyeux. Son mérite ? Il a passé le siècle. Pourquoi ? Sans doute parce qu’il est machine à joie.

On peut le réciter, au petit-déjeuner, en faisant la lessive, en grillant une cigarette, en buvant un verre d’eau ou en allant au bois. Un poème sans queue ni tête, sans fin ni début. Un poème entier qui dit tout sans l’expliquer. Bref un poème pas compliqué à lire en famille ou entre amis pour rigoler et puis aussi un peu rêver. C'est parti pour la musique !


TROMBONE À COULISSE

J'ai sur la tête une petite ailette qui tourne au vent

Et me monte l'eau à la bouche

Et dans les yeux

Pour les appétits et les extases

J'ai dans les oreilles un petit cornet plein d'odeur d'absinthe

Et sur le nez un perroquet vert qui bat des ailes

Et crie aux armes !

Quand il tombe du ciel des graines de soleil

L'absence d'acier au coeur

Au fond des vieilles réalités désossées et croupissantes

Est partiale aux marées lunatiques

Je suis capitaine et alsacienne au cinéma

J'ai dans le ventre une petite machine agricole

Qui fauche et lie des fils électriques

Les noix de coco que jette le singe mélancolie

Tombent comme crachats dans l'eau

Ou refleurissent en pétunias

J'ai dans l'estomac une ocarina et j'ai le foie virginal

Je nourris mon poète avec les pieds d'une pianiste

Dont les dents sont paires et impaires

Et le soir des tristes dimanches

Aux tourterelles qui rient comme l'enfer

Je jette des rêves morganatiques

Georges Ribemont-Dessaignes, Le rêve ou la poésie (Anthologie), folio Junior

Anecdotes et Broutilles

  • Membre du groupe dada, Georges Ribemont-Dessaignes (1884 - 1974), fait visiter au dadaïste l'église de saint Julien le pauvre à Paris. Ce guide singulier s'arrête devant chaque colonne ou sculpture pour lire un passage au hasard du dictionnaire Larousse. (faire une couleur à Saint Pierre)

  • Homme à tout faire (de lance), il lance en 1930 à Paris, la revue Bifur avant de partir l'année suivante se faire hôtelier avec sa femme à Villar-d'Arêne dans le Dauphiné. La revue abrite les plus grands noms de la littérature de l'époque : Blaise Cendrars, Henri Michaux, Tristan Tzara, Jean Toomer, André Salmon, Jean Giono, Robert Desnos, Ernest Hemingway, André Malraux, Franz Kafka, Jacques Prévert, Martin Heidegger, et même Jean-Paul Sartre. L'hôtel, plus modeste, compte tout de même quelques uns des voyageurs de commerce les plus méritants du moment : Bernard Claisse, Maxime Chauner, Tizian Tartars, Romeo Janten, Armande Salon, Jean Onigo, Boros Denters, Westin Hayminger, Alexandre Munar, Frank Afzak, Jasper Verjecqt, Edmier Earthing, Jean-Paul Traser (le commerce des lettres)

  • Je concours. Pour participer et gagner un exemplaire de " Antonin Artaud qui êtes vous " et un enregistrement sur cassette audio de Pour en finir avec le jugement de Dieu, il vous suffit d'être abonné à la newsletter #POGD avant le 24 décembre et au compte Instagram poesiegd. Un tirage au sort déterminera les quatre gagnants.

  • Avant de quitter cette lettre, laissez-moi un message pour l'hiver sur mon répondeur où en répondant à cet email. Dis-moi ce que tu aimerais lire dans les prochaines semaines ou mois ou envoie moi un poème en retour par poste restante.

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