#POGD 40 Dopamine

Une poésie par semaine dans ta boite mail

Nous sommes entre deux eaux. Eau de Cologne ou eau à la bouche. Dilemme éternel au moins jusqu’à notre mort. Jouir aujourd’hui d’une main ou attendre demain l’amour.

Entre les deux, nous essayons de construire une vie, au moins de lui donner un sens. Un peu comme les cinq euros que l’on donne à un mendiant. On espère qu’il ira mieux ou alors qu’on se sentira moins coupable.

Cessons d’espérer. Le plaisir est comme la douleur : provisoire. La récompense est ailleurs. Sans doute cachée sous le lit comme les monstres de notre enfance. Et s’il n’est pas là, il faut se résigner à fermer les yeux et accepter le sommeil. Dormir c’est aussi se reposer un peu (sic).


Le circuit de la récompense. Dopamine et plaisir

Chaque nuit, le nœud pubien se desserre

La peau s'élime.

Avec quelques outils mous, de chair,

nous essayons de défaire la haute couture

crânienne de l'esprit,

d'ouvrir les boites noires des plaisirs.

Commence ainsi le circuit de la récompense. Avec

la courbure d'une viole qui garde dans la chambre

acoustique les halètements des instrumentistes.

Nous nous mentons. Nous cherchons une autre combustion.

une nouvelle étreinte - une sorte de loupe

à travers laquelle le monde se montre autrement,

les choses telles quelles ont été faites.

Que la chair ne pende plus au-dessus du lit

comme si elle suintait d'un crochet.

La nuit, nous gaspillons tellement d'insistance.

Le bruissement du drap, l'étincellement nocturne

de la peau qui sécrète beaucoup de tristesse.

Le silence la langue qui s'entêtent

Comme un pont à rapprocher les gens.

Tous les nœuds se desserrent progressivement,

selon le mythe du recyclage stérile.

Dans ľ'éternelle et désespérée quête de l'amour.

Et les choses se donnent à voir, après tout, telles qu'elles sont,

Déshabillées des noms translucides qui les

désignent, nettoyées de la vessie de tout concept.

Pures, inévitables, d'une cruauté infinie.

Et le fleuve cogne, sous les fenêtres, contre le pont.

Comme sil nourrissait ses noyés

du dernier étage.

Linda Maria Baros, Haute tension, Poésies françaises d'aujourd'hui, édition le Castor Astral

L’anecdote te permet d’aller plus loin, mais pas plus que les pieds du poète qui chausse du 41.

  • Linda Maria Barros (1982 - ∞ ), éditrice et directrice de revue porte un regard critique sur tout sur ses lectures et une énorme griffe d'argent à la main droite. (choisis entre l'œil ou la main )

  • Si Linda Maria Barros vit en France elle est né en Roumanie. Comme Gherashim Luca ou Petrache Poenaru, retrospectivement poète et inventeur du stylo à plume (l'un ne va pas sans l'autre)

  • Avant de me quitter, laissez-moi un message de rentrée sur mon répondeur où en répondant à cet email. Dites-moi ce que vous aimeriez lire dans les prochaines semaines ou mois.

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